Page d’Ecriture a fait le choix d’apporter une aide aux pêcheurs sinistrés qui soit dans le respect de leurs valeurs et pratiques traditionnelles. Ainsi il s’agit de remettre à disposition des filets et des katamarans (nom donné dans le Tamil Nadu aux bateaux de pêche de construction locale). Ces bateaux sont constitués de troncs d’un bois bien particulier qu’il faut travailler et assembler afin que seules quelques cordes permettent de les maintenir en une embarcation idéale pour la pêche côtière. Pour trouver suffisamment de ce matériau indispensable, il a fallu se rendre dans le sud du Kerala afin d’y sélectionner et prélever les arbres nécessaires. « Une fois les 700 kilomètres parcourus, le lendemain de notre arrivée, cinq bûcherons étaient mobilisés pour commencer à couper les 60 arbres dont nous avions besoin pour le premier village de Chinakalapet ». Ce sont des arbres de 10 à 15 mètres de haut qui ont en moyenne 12 ans d’âge. Ces arbres sont difficiles à trouver notamment en raison de leur utilisation pour la fabrication d’allumettes. Les pêcheurs qui utilisent ces katamarans se raréfient.
En effet la concurrence des grosses entreprises de pêche aux chalutiers imposants est de plus en plus rude. Face à cette situation il nous a semblé important de soutenir ces petites entreprises familiales qui sont aussi, celles qui ont le plus souffert du Tsunami. Page d’Ecriture compte parmi les premières ONG présentes sur le terrain de la catastrophe et capables d’y apporter une aide d’urgence. En parallèle à cette mise à disposition de nouveaux filets et bateaux, un important programme de réhabilitation des victimes du tsunami liées à la pêche, est mis en place. Il s’agit, en deux années d’intervention, de relancer l’économie locale sur la base des revenus générés par le matériel offert et par l’intermédiaire d’une coopérative permettant la vente du poisson à l’intérieur des terres. Seulement, un très grand nombre d’ONG ainsi que le gouvernement indien, finissent par venir en aide à ces mêmes pêcheurs.
Lors de sa seconde mission post-tsunami, Page d’Ecriture constate que son programme a perdu sa pertinence : de nombreuses plages dont celle de Chinakalapet sont couvertes de bateaux en fibre de verre. Grâce à POPE Page d’Ecriture parvient à identifier et rediriger ses fonds vers les oubliés du tsunami : les agriculteurs de bordure de mer. |